Arrivée en Hongrie, un choc culturel
Quand on atterrit dans un pays dont on ne connaît rien, même les choses les plus simples de la vie quotidienne peuvent poser problème.
Rose-Marie Guignet
2/22/20263 min temps de lecture
A mon arrivée en Hongrie en 1994, bien que je sache que, contrairement à ce que m'avaient dit mes connaissances en Suisse quand ils ont appris que j'allais y déménager (- Mais là-bas il y a des magasins ? - Mais c'est un pays sous-développé ...- Il y a des stations-services ?) il n'y avait pas de différence fondamentale entre la vie dans les deux pays, j'ai quand même eu un choc culturel les premiers temps et j'ai dû m'y habituer.
Dans ce premier post, je vais vous parler des premières difficultés que j'ai rencontrées dans la vie quotidienne.
Au début, je ne connaissais personne et je ne savais que quelques mots de hongrois, c'est-à-dire quasiment rien. Je me suis retrouvée seule dans un appartement qu'une jeune femme hongroise me sous-louait. Elle parlait français, mais évidemment, je ne pouvais la déranger qu'en cas d'urgence. Bref, le grand saut dans l'inconnu.
A l'époque, mon seul lien avec mes amis et ma famille en Suisse était le téléphone. Comme il n'y avait pas le téléphone dans l'appartement, je devais descendre à la cabine téléphonique et, pour pouvoir l'utiliser, je devais acheter des cartes téléphoniques prépayées à la poste. Là, déjà, j'ai dû apprendre à dire en hongrois : „Je voudrais une carte téléphonique pépayée, la plus chère.”. Parce que, naturellement, je téléphonais beaucoup et que ça coûtait cher.
Un autre problème a été de trouver où acheter de la viande. J'habitais dans une HLM à Óbuda et là-bas, au supermarché, il n'y avait pas de viande, seulement de la charcuterie. Grand mystère : les Hongrois ne mangent pas de viande ? Ou alors, où est-ce qu'ils l'achètent ? J'ai mis une ou deux semaines pour éclaircir cette question : pour acheter de la viande, il faut aller au marché. Et après, évidemment, il a fallu trouver où se trouvait le marché. Ça paraît évident aujourd'hui, mais à l'époque sans Internet et sans personne à qui demander, ce n'était quand même pas simple. Après avoir finalement trouvé le marché, l'étape suivante a été d'acheter de la viande. Je me souviens que je cherchais les mots dans le dictionnaire et que je me les répétais à voix haute pendant tout le trajet : „Két szelet karajt kérek, két szelet karajt kérek ...” Malgré cela, j'ai eu quelques émotions fortes lorsque le boucher n'a absolument pas compris ce que je voulais … Il s'énervait, je m'énervais … et évidemment plus la pression montait, moins on se comprenait. Heureusement, une femme qui parlait allemand est arrivée et m'a sauvée.
Au début, la découverte des goûts hongrois a été difficile pour moi. Dans l'environnement où je me trouvais, il n'y avait que des magasins hongrois et des restaurants hongrois. Je me sentais totalement dépaysée, loin des goûts que je connaissais. Je me souviens que lorsque j'ai découvert un Pizza Hut sur le Grand Boulevard, ça été une véritable révélation. Enfin quelque chose qui me rappelait un peu mon pays ! Autant dire que j'y allais souvent …
Dans un prochain article, je vous raconterai d'autres expériences que j'ai faites ici à mes débuts ...


A propos de l'auteure
Je suis professeure de français, originaire de Suisse romande et installée en Hongrie. Sur ce blog, je partage mes expériences et des réflexions personnelles autour de la vie entre deux cultures.
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Rose-Marie Guignet
Professeur de français langue étrangère (FLE)
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