Argent liquide en Suisse : pourquoi le vote du 8 mars 2026 est important
L’argent liquide va-t-il disparaître en Suisse ? Il ne semble pas que ce soit le cas. Le 8 mars 2026, le peuple suisse a accepté le contre-projet direct du Conseil fédéral à une initiative intitulée « L’argent liquide, c’est la liberté ». Cette initiative visait à inscrire dans la Constitution l’obligation pour la Banque nationale suisse de fournir suffisamment d’argent liquide au pays.
Rose-Marie Guignet
3/21/20263 min temps de lecture


A propos de l'auteure
Je suis professeure de français, originaire de Suisse romande et installée en Hongrie. Sur ce blog, je partage mes expériences et des réflexions personnelles autour de la vie entre deux cultures.
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Aujourd’hui, l’argent liquide est de moins en moins utilisé. En Suisse, en 2024, les particuliers n’ont effectué que 30 % de leurs transactions en espèces.
L’argent liquide va-t-il disparaître ? Il ne semble pas que ce soit le cas. Le 8 mars 2026, le peuple suisse a accepté le contre-projet direct du Conseil fédéral à une initiative intitulée « L’argent liquide, c’est la liberté ». Cette initiative visait à inscrire dans la Constitution l’obligation pour la Banque nationale suisse de fournir suffisamment d’argent liquide au pays.
Le 8 mars 2026, les citoyens ont donc voté sur deux objets :
– une initiative intitulée « L’argent liquide, c’est la liberté », visant à garantir que les pièces et les billets restent disponibles en quantité suffisante
– le contre-projet direct du Conseil fédéral à cette initiative*
À vrai dire, ce vote avait surtout une portée symbolique, puisque l’obligation imposée à la Banque nationale suisse existait déjà dans la loi. L’inscription de ce droit dans la Constitution visait avant tout à lui donner plus de poids, puisqu’il ne pourrait alors être modifié qu’avec l’accord du peuple et des cantons.
Ce qui est intéressant, c’est que ce sujet préoccupe de nombreuses personnes aujourd’hui. À l’ère du numérique, où tout tend à se faire en ligne et où les paiements électroniques se généralisent, on peut légitimement se demander si l’argent liquide a encore une utilité.
Les paiements électroniques sont rapides, sûrs et permettent une meilleure traçabilité des transactions. Il suffit d’approcher son téléphone d’un terminal pour payer, ce qui est particulièrement pratique.
Cependant, de plus en plus d’inquiétudes apparaissent, et les limites de ces modes de paiement deviennent visibles :
– Les paiements électroniques laissent des traces numériques, ce qui alimente les craintes liées à la surveillance. À l’inverse, les paiements en espèces ne laissent aucune trace et protègent la sphère privée.
– Bien que l’usage du liquide diminue, 95 % de la population souhaite conserver cette possibilité. Cela s’explique notamment par l’importance accordée à la liberté de choix en Suisse.
– Les paiements en espèces permettent d’éviter les frais liés aux cartes bancaires ou aux applications de paiement.
– Aujourd’hui, certains commerces (par exemple à Zurich) n’acceptent plus les espèces. Même si cette question ne faisait pas partie de l’initiative, elle suscite des débats politiques et pourrait être traitée au niveau cantonal.
– L’obligation implicite d’avoir un compte bancaire et une carte pour effectuer des achats du quotidien peut poser problème et soulever des questions d’exclusion ou de contrôle.
– Les paiements électroniques dépendent de l’électricité et d’une connexion Internet, ce qui peut les rendre vulnérables en cas de crise ou de perturbations.
– Enfin, l’argent liquide joue aussi un rôle dans l’épargne. En Suisse, de nombreuses personnes conservent encore une partie de leur argent chez elles. Dans un contexte international incertain, certains gouvernements recommandent même de disposer de liquidités en cas d’urgence.
En conclusion, si les paiements électroniques offrent de nombreux avantages, la disparition de l’argent liquide comporte aussi des risques. Des risques que les Suisses ne semblent pas prêts à accepter, puisqu’ils ont choisi de renforcer la garantie de sa disponibilité en l’inscrivant dans la Constitution.
Et vous, qu’en pensez-vous ? Êtes-vous pour ou contre la disparition de l’argent liquide ?
*En Suisse, l’initiative populaire permet aux citoyens de proposer une modification de la Constitution. Si elle recueille 100 000 signatures en 18 mois, elle est soumise au vote. Le gouvernement peut proposer un contre-projet direct, offrant une alternative souvent plus modérée. Les citoyens votent alors sur les deux propositions.
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Rose-Marie Guignet
Professeur de français langue étrangère (FLE)
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